Fév 19

Guide pratique à l’usage des chevaliers blancs

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Extrait du guide pratique à l’usage des chevaliers blancs, page 355

Note : toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants serait purement fortuite

« Vous êtes candidat à la présidentielle ? Vous étiez grand favori des sondages avant que d’ignobles journalistes ne fouillent dans votre passé de député ? Ces cuistres vous accusent d’avoir salarié votre épouse et vos enfants en tant qu’assistants parlementaires alors qu’ils se la coulaient douce dans votre château ? Vous ne cessez de dégringoler dans les sondages ?

Nous avons la solution !

Première étape : accusez les journalistes de misogynie en faisant croire qu’ils reprochent à votre épouse de travailler. C’est dans l’air du temps, ça fait plaisir à l’électorat féminin et permet de faire oublier qu’elle a été cantonnée par vos soins au rôle de bonne mère de famille, s’occupant des enfants sans se mêler des choses sérieuses.

Toujours aussi bas dans les sondages ?

Deuxième étape : évoquez un complot de forces obscures, en vous gardant bien de nommer qui que ce soit, mais en évoquant vaguement les cibles habituelles de votre électorat : le pouvoir, les juges, les bien-pensants, les journalistes, les gauchos, bref, le système qui voudrait votre peau (peu importe que vous en soyez directement issu).

Illustration par Guillaume Beck

Les électeurs continuent malgré tout à vous traiter de voleur pendant vos déplacements ? Vos propres amis commencent à douter ?

Troisième étape : la conférence de presse s’impose. Livrez-vous à un grand exercice de « transparence » contrôlée. Allez à confesse pour faire plaisir à l’électorat frigido-barjot-catho. Assumez d’avoir fait travailler votre épouse et vos enfants à grands renforts d’argent public, en évitant soigneusement de détailler la réalité de leur travail et en oubliant les vraies accusations. Rappelez que tout était légal, mais assumez une faute « morale », tel Bill Clinton ou DSK à leurs plus belles heures. Mais n’oubliez pas de rappeler qui sont les vrais coupables (pour la liste complète, reportez-vous à la deuxième étape). Pensez également à les faire siffler lors de vos meetings.

Quatrième étape : faites entrer vos avocats en scène. Leur principale utilité sera de créer un écran de fumée grâce aux nombreuses arguties juridiques que la Loi (qu’il faut bien entendu respecter en toutes circonstances) met à leur disposition. Attention, il ne s’agit surtout pas de répondre sur le fond, mais bien de gagner un maximum de temps en multipliant les arguments de pure forme. Rien de tel pour gagner du temps que de remettre en cause la compétence de l’autorité qui a lancé les poursuites. D’ici à ce que ce point soit tranché, un autre sujet occupera le tribunal médiatique. 

Cela ne fonctionne toujours pas ? Les français réclament le remboursement des montants ? Vos amis politiques recommencent à gronder ? Le parquet refuse de classer l’affaire sans suite ?

Pas de panique. Il est temps de passer à la dernière étape.

Il s’agit de notre botte secrète, éprouvée par de nombreux lecteurs satisfaits alors que tout semblait perdu pour eux. On citera les plus brillants d’entre eux : Jacques C. et ses frais de bouche, Donald T. et ses penchants sexistes, ou encore le grand maître Patrick B. de Levallois-Perret dont il est inutile de rappeler les nombreux faits d’armes.

Le principe est simple : tentez le tout pour le tout. Ne lâchez rien, cessez de vous excuser, faites comme si de rien n’était, ne répondez plus aux questions, balayez d’un revers de main toutes les contradictions, poursuivez votre campagne et comptez sur votre principal atout : l’amnésie des français. Eh oui, la lumière est toujours au bout du tunnel, et avec un peu de chance, dans deux mois, vous toucherez au Graal : l’immunité présidentielle ».

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